Travailler dans les bois : Sécurité en hiver

Travailler en hiver

Glissades, chutes et risques liés à l’accès à l’hiver

L’un des incidents les plus courants en hiver concerne les glissades et les chutes lors de l’entrée ou de la sortie d’un équipement. Dans une récente alerte à la sécurité, un opérateur d’équipement travaillant de nuit dans des conditions de blizzard est sorti de sa machine pour remplacer une batterie de radio. Les ponts enneigés ont fait perdre pied à l’opérateur, et une main a glissé du rail, entraînant une chute d’environ 3 mètres. Heureusement, les blessures sont légères, mais l’issue aurait pu être bien plus grave.

La neige et la glace réduisent considérablement la traction et la visibilité, en particulier pendant les opérations nocturnes ou les tempêtes. Les employeurs et les travailleurs doivent prendre des mesures proactives pour réduire les risques de chute :

  • Dégager les marches, les terrasses et les mains courantes de la neige et de la glace
  • Appliquer des bandes ou des tapis antidérapants dans la mesure du possible.
  • Inspecter régulièrement les mains courantes pour s’assurer qu’elles offrent un soutien adéquat.
  • Utilisation d’un bon contact en trois points lors de l’entrée ou de la sortie de l’équipement
  • Porter des gants avec une meilleure adhérence dans des conditions humides ou glacées
  • Veiller à ce que les travailleurs soient familiarisés avec les procédures d’intervention d’urgence et de premiers secours

Le plus important est à retenir : Ne vous précipitez pas. Les conditions hivernales requièrent plus de temps et d’attention pour contrôler les risques avant d’entreprendre des tâches.

Stress dû au froid, refroidissement éolien et responsabilités réglementaires

Les employeurs doivent connaître toutes les réglementations applicables au travail par temps froid. Au Canada, la Le code du travail canadien exige des employeurs qu’ils élaborent et mettent en œuvre des mesures de surveillance et de contrôle du stress thermique.

Le refroidissement éolien est un facteur critique, car il reflète l’effet combiné de la température et de la vitesse du vent sur la perte de chaleur. Même des températures modérées peuvent devenir dangereuses lorsque la vitesse du vent est élevée. Les employeurs doivent évaluer quotidiennement le refroidissement éolien et adapter les pratiques de travail en conséquence.

Les mesures pratiques pour réduire le stress dû au froid sont les suivantes :

  • Programmer des périodes d’échauffement régulières
  • Augmentation de la fréquence des pauses en cas de froid extrême
  • Rotation des tâches afin que les travailleurs puissent s’échauffer par intermittence
  • Encourager une hydratation et une alimentation correctes

Les boissons chaudes, sans caféine, peuvent aider à maintenir la température corporelle, et l’ajout de miel apporte des calories supplémentaires qui contribuent à la rétention de la chaleur.

Vibrations, contraintes musculo-squelettiques et lésions dues au froid

Le froid peut exacerber les affections liées aux vibrations, telles que le syndrome du doigt blanc induit par les vibrations (VWF) et le syndrome des vibrations main-bras (HAVS). L’utilisation de gants anti-vibration est fortement recommandée lors de l’utilisation de tronçonneuses ou d’équipements vibrants par temps froid.

Il est également important de s’étirer avant le travail, car les températures froides augmentent la raideur musculaire et le risque d’entorses et de foulures. Les employeurs devraient encourager les étirements avant le travail et contrôler la charge de travail en conséquence.

Les travailleurs et les superviseurs doivent être formés à reconnaître les premiers signes de blessures liées au froid, y compris les gelures et l’hypothermie. Les premiers symptômes, tels que l’engourdissement, les frissons, la confusion ou la perte de coordination, nécessitent une intervention immédiate afin d’éviter des blessures graves.

Il est essentiel de porter des vêtements et des chaussures appropriés. Des bottes ou des vêtements trop serrés peuvent entraver la circulation sanguine et augmenter le risque d’engelures. Des bottes bien isolées, à la bonne taille et pouvant accueillir des chaussettes en laine peuvent réduire de manière significative la perte de chaleur. Certains travailleurs utilisent des isolateurs de bottes bricolés à partir de pare-soleil de véhicules réutilisés et placés sous la semelle intérieure pour améliorer l’isolation. Les bottes avec des semelles agressives ou des dispositifs de traction supplémentaires sont également essentielles pour prévenir les glissades et les chutes.

Le monoxyde de carbone : Un danger hivernal caché

Le temps froid entraîne souvent une utilisation accrue des générateurs et des équipements fonctionnant au carburant, ce qui augmente le risque d’exposition au monoxyde de carbone (CO). Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore qui peut être mortel dans les espaces clos ou mal ventilés.

Pour réduire le risque d’intoxication au CO :

  • Placez les générateurs suffisamment loin des bâtiments pour éviter que les gaz d’échappement ne pénètrent à l’intérieur.
  • Veillez à ce que les sorties d’échappement soient éloignées des portes, des fenêtres et des zones de travail.
  • Suivez les recommandations du fabricant en matière d’emplacement et de ventilation
  • Ne faites jamais fonctionner un appareil à carburant dans un espace clos ou partiellement clos.

Les risques liés au monoxyde de carbone augmentent en hiver en raison de l’accumulation de neige, de la réduction de la circulation de l’air et de la tendance à travailler plus près des abris ou des bâtiments.

Réflexions finales

Travailler en forêt pendant l’hiver exige une vigilance, une planification et une discipline accrues. La neige et le froid ne sont pas seulement inconfortables, ils modifient fondamentalement le profil de risque des opérations forestières. En ralentissant, en abordant les risques de manière proactive et en suivant les meilleures pratiques en matière de stress dû au froid, de sécurité d’accès et d’utilisation des équipements, les employeurs et les travailleurs peuvent s’assurer que les travaux d’hiver sont menés en toute sécurité et de manière responsable.

Les conditions hivernales peuvent être inévitables, mais les incidents hivernaux ne le sont pas.

Références :
BC Forest Safety Council – Alerte à la sécurité en cas de chutes en hiver
TCIA Magazine – Précautions de sécurité pour le travail par temps froid
NL Forest Safety Association – Alerte au monoxyde de carbone